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BAUNÉ Jean-Louis
Sculpteur
L’intéressant chez un artiste, c’est ce qu’il essaie de nous montrer. Ici, c’est ce qu’il s’ingénie à dissimuler. Paradoxe. Vous voyez des dizaines de personnages, verticaux, statiques à ce point dépouillés qu’ils semblent être en uniformes. Paradoxe. Une armée de soldats ou une foule, mais ils ne sont qu’un. Socle pondéral et ancrage fragile, comme si ce personnage était dans un monde parallèle au votre, se déplaçant, mais pas sur votre chemin. Regardez-moi mais ne me voyez pas. Ni trop petit pour être attendrissant ni trop grand pour être omniprésent, ni ici, ni ailleurs ; A côté de vous mais ne vous occupez pas de moi ! Paradoxe. Pourtant ce personnage attire tout de suite votre attention. La faille par laquelle nous pouvons pénétrer cette œuvre c’est le regard. Discrétion, fausses pistes, mais regards horizontaux, tout a été fait pour que vous restiez dans la verticalité mais l’âme est orthogonale. Paradoxe. Ce n’est pas vous qui observez l’œuvre de Jean-Louis BAUNÉ, c’est son œuvre qui vous observe. Paradoxe. Comme si vous deveniez le modèle pour un peintre cubiste. Il n’y a aucun calcul derrière ces paradoxes apparents, seulement des autoportraits ou devrais-je mal dire : autovolumes. Le personnage c’est l’artiste, ni petit, ni grand. Discret mais pas absent. Il ne bouge jamais et se déplace tout le temps, collé au sol mais sans frottement. Jean-Louis BAUNÉ s’est cloné pour voir tous vos angles. Séquentiel et simultané ; c’est en fait la quadrature du cercle que cet artiste a résolue en se démultipliant. Seul vrai paradoxe, cette foule de soi est en fait la preuve de la curiosité de vous. L’idée, simple, comme toutes les bonnes idées, c’était de déplacer le sujet.
                                                                  Pascal FAVAR
mis à jour le 25 novembre 2016